De-Vinh qui je suis!

Sur ce blog, vous pourrez trouver des informations aussi diverses que la fabrication d'étui en peau de varan, l'évolution de mon potager et des conseils de jardinage, des photos de mes voyages, etc etc...
A noter que "bo" veut dire boeuf en vietnamien ! On ne renie pas ses origines!

dimanche 10 avril 2011

part 37 - Les carnets culinaires d un apprenti forgeron


Date : entre le 7 avril et la date d'envoi de ce mail.
Lieu : forge d'Ông Kin, Cao Bang.
Horaires : entre 06h15 et 19h30, sept jours sur sept
But : apprendre une philosophie de vie
Durée : indéterminée



"Régime végétarien,
Réveil forcé,
Voyage initiatique"





Em Duong

Après avoir passé deux nuits à Phuc Sen, je rentre à Cao Bang le matin du 7 avril.
Malgré la fatigue (trois réveils à 5h du matin consécutifs et des journées bien remplies), je n'ai qu'une hâte, c'est d'aller voir ông Kin. Retenez bien ce nom car je risque de parler de lui de plus en plus souvent...

Ông Kin, Cô Huyen (sa femme), Em Thành (son fils, 20 ans) et Em Duyen (sa fille, 17 ans) sont contents de me voir et me demandent ce que j'ai fait à Phuc Sen avec mes amies Nung.

Vous vous rappelez la soirée que j'ai passée avec ông Kin, Jonah et David, lorsqu'il nous a invités à manger (c'était la première fois en 6 semaines, qu'il m'a invité à manger). C'était une magnifique soirée, qui était d'un bon présage pour moi, et j'espérais que cela se renouvelle.



Depuis six semaines, j'allais le voir quasiment tous les jours, espérant secrètement qu'il me prendrait un jour comme apprenti. Mais c'était beaucoup espérer : l'homme est mystérieux, et surtout très occupé. Ne parlant pas vietnamien, la compréhension est difficile. Il aura fallu six semaines avant que j'aie assez d'assurance et de vocabulaire pour oser lui dire que je voulais apprendre la forge.

Il y a neuf jours qu'il a accepté ; mais, habitué aux "blagues" de Chi Minh et Chi Hop, je n'étais pas sûr qu'il soit sérieux.

Le 7 avril, donc, j'allais lui rendre visite pour la 150è fois. Et, sans que je m'en rende compte, l'apprentissage commença.

Jour 1

"lame rouillée
S'aiguise sur pierre
Et goutes de sueur"

En venant je n'avais qu'une idée : travailler sur le sabre qu'il m'a offert, attaqué par la rouille (vous savez, celui avec lequel il a coupé une tige de fer pour nous montrer la trempe). Il faut le polir patiemment sur deux ou trois pierres et du papier verre que Cô Huyen est allée acheter pour moi. Ông Kin est amusé de me voir passer des heures à polir cette lame.


J'y passe, ce jour-là, trois heures d'affilée (en fait, cela prendra cinq heures pour l'aiguiser correctement).


Qu ils sont beaux tous les deux!



Puis, ông Kin m'invite à rester manger avec lui. J'accepte avec plaisir. Notez que je ne l'ai jamais vu manger avec sa famille. Pour ce que j'ai vu, il mange toujours seul.
Ce premier repas à deux, en fait, va lever bien des mystères et des barrières.





Tout d'abord il me dit qu'il est en fait végétarien. Cela explique tout! C'est la raison pour laquelle il n'avait pas mangé le plat de bambous que nous avions emmené la dernière fois, car il ne savait pas si l'huile utilisée était végétale ou animale...
Premier mystère résolu, donc.


Pour expliquer pourquoi il est végétarien, il me dit qu'il médite tous les jours ; on peut supposer qu'il est boudhiste et est ou était moine. Il me montre une photo où il est assis en tailleur sur le seuil de sa maison, yeux fermés. Il me dit également que c'est la méditation qui fait qu'il n'est jamais triste ou fatigué, en se concentrant sur tout son corps.

Ceci peut également expliquer la fois où je l'ai vu méditer lorsqu'il s'était blessé, ainsi que l'incantation qu'il fait souvent lorsqu'il éteint sa forge.

Enfin, il me dit qu'il mange toujours seul car d'une part, sa famille n'est pas végétarienne (je suppose que manger à côté de quelqu'un qui mange de la viande, gênerait), et d'autre part, il médite beaucoup y compris durant les repas.
Les repas semblent être d'une importance capitale. Il me dit que les jours où il ne forge pas, il mange beaucoup moins.
Etant végétarien, il agrémente ses repas de trois condiments essentiels : les algues frites pimentées et salées (qu'il achète à HCM), et ce que l'on croyait être de la viande frite, et qui est en fait du soja frit et très salé (apparemment il se fournit avec des moines), et du gomasio. Je n'ai jamais vu ces aliments ailleurs.


Le repas, préparé par Cô Huyen, consiste donc en deux ou trois plats de légumes et/ou tofu et bouillon, avec du riz (et dans son cas, du riz complet), et ces trois condiments. Difficile de manger plus sain!

Puis, après avoir levé pas mal de mystères, le bonhomme va faire la sieste. Je lui dis que je vais polir le sabre en attendant.
Sa "sieste" ne durera que vingt minutes (en fait, comme il me l'expliquera plus tard, il ne dort pas, il médite).




Co Huyen a la cuisine

Et sans le savoir, sans en parler, l'apprentissage commence.
Il m'a déjà appris à aiguiser et polir mes couteaux. Mais ce jour-là, il me donne un couteau qu'il vient de forger et me dit de l'aiguiser. C'est la première fois qu'il me confie le couteau d'un client. Je dis couteau, mais c'est un couperet de boucher, particulièrement long et fastidieux à aiguiser.

Content et surpris, je m'attelle à la tâche qui m'est confiée, mettant en pratique ce que j'ai observé maintes fois. De temps à autres, il vient corriger mes gestes.
Lorsque j'ai fini, je me retourne et constate qu'il a déposé un autre couperet à aiguiser. Puis, un autre, un autre, etc. Cet après-midi là, j'en polis une demi-douzaine. Or, on ne dirait pas, mais c'est épuisant. Ces lames sont brutes de forge, sont larges, épaisses, l'acier est très dur. Il faut en fait exercer beaucoup de force et mettre tout son poids sur la lame. 1/2h par lame, trois pierres.

Peu à peu, mes gestes s'améliorent ; mais j'ai très, très mal aux bras. À chaque fois, ông Kin vérifie le travail fini.



Le soir, je retrouve Jonah et David, et les invite à manger chez la mère de em Xau, ou je commande un pho xao. Ils sont vraiment très sympas et je passe une bonne soirée, bien que très fatigué.


Jour 2

Je retrouve ông Kin le matin. Cette fois, il me sort une bonne dizaine de lames à travailler. À midi, je ne sens plus mes bras. De nouveau, il m'invite à manger. Parlons sérieusement : il me dit que si ça ne me dérange pas de ne pas manger de viande, je peux manger chez lui trois fois par jour, tous les jours! Et apparemment ça lui fait plaisir...J'avoue que j'ai du mal à y croire, mais on verra bien!


Ce soir-là, ne voulant pas m'imposer, je lui dis que je vais manger avec des amis, et mange un mi xao chez em Xau. Je suis perplexe. Pourquoi voudrait-il manger avec moi, alors qu'il mange tout seul depuis tant d'années? Comment accepter son offre sans m'imposer?

Ông Kin m'a dit de venir demain à 7h pour le petit-déjeuner.
Je m'endors comme une masse, fatigué par trop d'émotions, de rêves et de douleurs aux bras! Mon index gauche est en feu, non à cause d'une coupure ou éraflure, mais parce que la peau a littéralement été polie (à force d'appuyer sur les lames pour garder le bon angle). La même chose est arrivée à David en aiguisant les siens.

Jour 3.

Ce premier petit-déjeuner ensemble est composé d'une semoule de maïs (genre polenta), que l'on mange brûlante avec les algues pimentées et le soja frit.
C'est de nouveau une matinée d'aiguisage. À force de sentir dans mon dos la chaleur de la forge, j'ai fini par déplacer toutes les pierres pour m'installer mon atelier aiguisage plus loin.

Les passants sont amusés ; et ceux qui ne me connaissent pas me prennent pour son fils, et me tendent tout naturellement des lames ou outils à aiguiser...Ông Kin ne disant rien, je fais ce que les clients me demandent.


Après le déjeuner avec Ông Kin, il m'installe une chaise longue et insiste pour que je dorme pendant qu'il médite. À défaut de dormir et pour ne pas le froisser, je m'allonge et ferme les yeux...ce que je ne sais pas, c'est que dans les prochains jours ce court moment de repos deviendra quasiment obligatoire.

Puis, arriva le moment où ông Kin me propose de donner mes premiers coups de masse. En fait il doit même me forcer la main, car je n'ose pas, et je ne sais pas si j'en suis capable! Mais il faut bien commencer quelque part...
Les premiers coups avec la masse de 4kg, furent très hésitants. D'autant plus que lui aussi martèle de la main droite ; il faut donc que l'on soit synchronisés parfaitement.
Nous forgeons un pied de biche de 25mm de diamètre...

Pour le deuxième, ông Kin me montre le positionnement des pieds, la souplesse du geste et surtout le fait de laisser rebondir le marteau, plutot que de le soulever. Je m'essoufle vite, après le dixième coup environ.

Sa femme se joint à la danse avec une troisième masse. Là, ça devient très compliqué, car on martèle tous les trois à la suite. Cafouillage assuré. Pour vous donner une idée du rythme, j'ai compté environ trois coups par seconde! Donc, j'ai une seconde pour frapper, lever la masse au-dessus de ma tête et frapper de nouveau.
Au début, je m'embrouille, je heurte leurs masses, je heurte l'enclume, je frappe de travers. C'est la catastrophe.

Mais c'était magique. Mes premiers coups de marteau. Et quel marteau! 4kg au bout d'un manche de 80cm de long ; il y a pire, pour un début!
Bien sûr, mes bras sont morts, mais je pense qu'il m'a fait aiguiser pendant trois jours, justement pour m'échauffer! C'était un passage obligatoire...

Pour aujourd'hui, ce sera tout ; pour moi, c'est déjà énorme. M'autoriser à participer à la forge, c'est aussi officialiser mon statut d'apprenti!

Ce soir-là, Jonah et David nous ont fait la surprise de faire les courses et préparer un guacamole à l'hotel, avec l'aide de Nga, en utilisant les couteaux forgés par Ong Kin.
Ils ont ensuite fait goûter à tout le monde que l'on connaît, que ce soit chez ông Kin ou bien autour de l'hotel. Ils sont vraiment sympas, on discute beaucoup le soir à l'hotel.
Ce soir-là, Ông Kin nous invite tous les trois à manger, et nous sert un alcool avec racine macérée, comme la dernière fois, mais vieux de deux ans. Hormis ces deux repas avec "invités", il ne boit jamais (et encore, il boit, comme moi, à peine un fond de verre).



Jonah et David

Jours 4 et 5

Petit à petit, ông Kin me sollicite de plus en plus. Au départ, je participe aux premières étapes de fabrication des lames. Puis, étape par étape, les coups se font plus précis, plus forts ; je peux maintenant frapper quatre fois plus longtemps avant de m'essoufler, je fais de moins en moins d'erreurs...et surtout je récupère plus vite.

Nous martelons toujours à trois, il faut donc être très concentré et avoir le rythme dans la tête : une demi-seconde d'hésitation, et vous risquez de heurter le marteau de l'un ou l'autre; et vu la force de frappe, c'est très dangereux pour nous trois.

Mes pauses se font moins fréquentes. Par contre j'ai toujours aussi mal aux bras, après deux jour d'aiguisage et trois jours de forge! La dernière fois de ma vie où j'ai eu aussi mal aux bras, c'était en 2002 en afrique du sud lorsqu'on avait du remonter une pompe à eau à 60m de profondeur...


Nous prenons maintenant tous nos repas ensemble : matin 06h30, 11h30, et 18h. Les trois repas sont très consistants: riz, riz complet, riz gluant, semoule de maïs ou pommes de terre.
Concernant les légumes, Cô Huyen en cuisine des sortes différentes chaque jour ; et tous les matins je lui amène, selon mes envies, bambous, cresson, navets, champignons frais ou secs, fruits, herbes, feuilles...





Ici des legumes tres amers mais bons pour le foie, me dit Kin

Ông Kin ne mange ni viande, ni poisson, ni nuoc-mâm, ni œufs (apparemment).
Il ne boit presque jamais de café, jamais d'alcool sauf invités d'exception, et ne fume pas. Pas étonnant qu'on s'entende bien!

Dès le 1er jour de forge, j'ai été tellement affamé que maintenant cô Huyen me donne, comme à ông Kin, du riz complet. Il faut prendre des forces...et je m'habitue à ce nouveau rythme (n'oubliez pas que cela fait 105 jours que je ne mange pas au petit-déjeuner - mais là c'est devenu obligatoire) et à cette nouvelle alimentation sans viande : féculents, protéines végétales, nombreux légumes...ce régime sévère associé à ces journées très physiques, ne me fera pas de mal! Ông Kin me dit que je dois manger comme lui, pour être assez fort pour forger!


De même, l'effort est tel que c'est bien volontiers que je somnole un peu lors de la pause après le déjeuner. Voire même, m'endors.


Jour 6

Ce matin j'ai acheté deux gros dictionnaires très complets, et un petit cahier, pour les offrir à Em Duyen et Em Thành, les enfants d'ông Kin. En effet ils veulent apprendre l'anglais autrement qu'au lycée, c'est la moindre des choses que je puisse faire!

D'autant plus que j'apprends beaucoup de mots avec eux, que ce soit en rapport avec la forge (il y a deux mots pour le bois et deux pour le charbon), avec la nourriture ou le vocabulaire de tous les jours. Les deux m'apprécient bien.

Em Duyen est une fille extraordinaire ; jamais, de toute ma vie, je n'ai rencontré quelqu'un d'aussi drôle, enjouée et souriante. Elle rigole tout le temps. C'est un vrai bonheur d'être avec elle, je l'appele "puppet doll" (poupée marionnette).


"La plus drôle,
Le plus mystérieux,
Vietnam, pays des superlatifs"



"puppet doll" Duyen

En fait ils ont un ordinateur dans le salon, connecté à internet, ce qui fait que j'ai pu leur montrer presque tous mon blog, avec les photos de mon jardin, de la neige, de mes canards, mes haches, mes tomates de 700g etc...j'ai trouvé cela magique, car autant je vous fais voyager avec vie bovinh, autant j'ai pu les faire voyager en France!
Le petit tirage d'ông Kin que je lui ai donné lors de notre 2è rencontre, il y a six semaines, a été collé sur un mur du salon, ce qui m'a fait bien plaisir.




À l'arrière de la maison, il y a un balcon où l'on fait la cuisine et prend des douches. J'observe beaucoup Co Huyen à la cuisine.




Jour 10


Dixième jour d'apprentissage. Mon corps et mon mental se sont beaucoup renforcés ; je ne ressens plus de douleurs aux bras et j'ai trouvé comment me fatiguer le moins possible et comment tirer profit de la moindre pause (parfois il y a seulement une minute entre les pièces à forger, parfois dix).
En revanche, je n'ai jamais autant souffert des mains...
Le ponçage des empreintes digitales sur les pierres à aiguiser, et les (rares) brûlures ne sont rien, par rapport aux chocs répétés du marteau sur l'enclume. Ce sont les mains qui en souffrent le plus, notamment la droite (la plus proche de l'enclume). On peut minimiser ces vibrations en ne serrant le manche que de la main gauche, la droite ne servant qu'à guider et soulever ; mais je ne maîtrise pas encore (ça viendra).
En général, dès la première heure je n'arrive plus à bouger mes doigts normalement...et suis obligé de fermer/rouvrir mes mains en permanence à chaque pause.
Mais lorsqu'on martèle, on ne ressent rien (à part la fatigue) ; c'est lorsqu'on s'arrête, que les doigts crient à l'aide.


Je persiste à croire qu'un jour, ça va bien finir par disparaître?! D'ailleurs je ne reconnais déjà plus mes mains (et ça ne fait que dix jours...).

Souvent je me demande comment Ong Kin peut frapper deux fois plus fort, avec un marteau de 3kg (le mien fait 3,5kg et celui de sa femme, 4kg), mais à une seule main!

Le plus dur dans cet apprentissage, c'est de ne jamais savoir ce qu'il veut/va faire. Lorsqu'il sort une pièce du feu, il faut deviner tout de suite quoi faire, où frapper et avec quel côté de la masse (il y a un côté plat et l'autre pointu - c'est ce dernier, utilisé pour étirer l'acier, qui est le plus difficile à maîtriser), et avec quelle force et quel rythme. Or, comme au début on s'embrouillait souvent, on a (tacitement) décidé que je frappais toujours le premier. Ông Kin frappe juste après moi. Je frappe de nouveau, puis lui, puis sa femme (qui a donc deux "tours" pour prendre le rythme), puis moi. Autrement dit, je n'ai pas intérêt à me planter. Si l'un de nous s'arrete ou hésite, c'est fichu.

Bien sûr, Ông Kin ne m'autorise pas à faire toutes les étapes. Si l'on estime qu'il y a dix étapes pour forger un couteau, on peut dire que je participe aux étapes 1,2,4,5, puis 8 et 10.

  1. Couper l'acier
  2. Étirer l'acier (réduire l'épaisseur de 3/4)
  3. Travailler la forme de la lame et de la future poignée
  4. Étirer la lame et la future poignée
  5. Aplatir la lame
  6. Aplanir toute la surface
  7. Forger la poignée
  8. Meuler
  9. Faire la trempe
  10. Aiguiser et polir

Il aura fallu dix jours pour qu'il me sollicite (rarement) pour l'étape 1 : couper les lames d'acier de 10mm d'épaisseur. C'est le plus dangereux ; il tient la pièce à découper de la main gauche, le burin de la main droite, et je dois frapper pile dessus aussi fort que possible. Si l'angle de frappe n'est pas bon, si je ne suis pas sûr de moi ou que je ne frappe pas assez fort, le burin et/ou la pièce peut déraper sur l'enclume, et là, bonjour les dégâts.


Il arrive, très rarement, qu'il lâche prise (par exemple lorsqu'un de nous frappe de travers) et qu'une pince/morceau d'acier/burin saute ou tombe par terre ; il faut être vigilant. Aujourd'hui un futur couteau est tombé sur la chaussure de cô Huyen, faisant fondre le caoutchouc instantanément. Pas étonnant, j'ai moi-même eu quelques brûlures aux mains (à cause des projections de minuscules éclats d'acier) et surtout des trous dans les habits. Quand je vois qu'ông Kin forge en savates et parfois torse nu!


De toute façon il n'est que peu sensible à la chaleur. Le nombre de fois où il m'a tendu quelque chose que j'ai du lacher car brûlant...

La chaleur de l'enclume est impressionnante ; malgré sa masse (90-100kg), elle est brulante après la 2è heure de forge (il faut dire qu'ông Kin ne lui laisse aucun répit), y compris jusqu'au socle, qu'ông Kin est obligé d'arroser régulièrement pour que la grosse souche sur laquelle elle est posée ne brûle pas. Le soir, il faut deux heures pour qu'elle refroidisse et qu'on puisse la porter. C'est vous dire le nombre de pièces que l'on forge à la suite!



La saison des cannes a sucre semble terminee..snif...adieu jolies vendeuses de cannes !




Un jour on commence a sculpter le manche pour le sabre dans un morceau de bois jaune tres dense...mais on ne l a jamais termine.




Jour 12

Ce matin, je me suis force a quitter Ong Kin pour aller au cyber poster une bonne partie des photos ainsi que ce texte...car je ne trouve jamais de creneau pour le faire !
Du coup ce message est completement en vrac...et je n ai pas le temps de mettre en page correctement ! Je n arrive meme pas a trouver le temps de repondre a vos emails persos...juste le temps de les lire vite fait sur mon portable le soir.
Mes messages vont se faire rares, car je suis occupe toute la journee et le soir je m endors comme une masse ! Mais comme plusieurs d entre vous voulaient voir les photos de la forge je prefere le poster maintenant...

Sur ce, je retourne echanger mon clavier contre le marteau.

5 commentaires:

  1. Salut Vinh,

    Apprendre une philosophie de vie.
    Apprendre la forge.
    Apprendre des autres.

    Apprendre, tout simplement.

    Merci pour les bons moments que je passe à te lire.

    Pierre.

    P.S : C'est normal de s'endormir comme une masse pour un apprenti forgeron :)

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  2. salut Vinh,
    c'est génial ce qui t'arrive,
    tu vis la vraie vie,
    j'ai l'impression d'être dans la matrice avec ma vie de parisien,

    trop envie de voir tout ce que tu racontes en vidéo,
    il y a de la richesse partout dans ce que tu vie.

    bon courage pour la suite, à la fin tu aura le bras droit d'un guerrier. lol

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  3. Bravo Vinh pour ta ténacité et ta persévérance. Tu nous fait découvrir un monde bien différent de ce que l'on pouvait imaginer.

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  4. hello vinh,

    " le fer et la soie"! film prémonitoire pour toi qui t'a permis de semer les bonnes graines... à ton insu.Ton maître est plein de douceur, malgré ce travail de force!
    bonne continuation dans cette relation.
    moon

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  5. Merci pour tes images, merci pour ces bouts de vie :) Bonne vibes dans la continuation de ton voyage grand Vinh ! :)

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