De-Vinh qui je suis!

Sur ce blog, vous pourrez trouver des informations aussi diverses que la fabrication d'étui en peau de varan, l'évolution de mon potager et des conseils de jardinage, des photos de mes voyages, etc etc...
A noter que "bo" veut dire boeuf en vietnamien ! On ne renie pas ses origines!

lundi 18 avril 2011

Part 38 B - Les Carnets vegetariens d'un apprenti


Nous sommes au 20e jour d apprentissage, et j ai pris pas mal de retard sur le blog alors ce n est pas vraiment en temps reel !
Entre temps, beaucoup de choses ont change... J ai emmenage chez Ong Kin depuis cinq jours, on m a construit un lit !...
Mais vous en saurez plus au prochain episode !
Prochain episode qui pourra egalement s intituler "Plus jamais je ne forgerai en savates" , ou bien "Chez Ong Kin, les rats sont vegetariens" et dans lequel vous apprendrez que la mere de Kin, agee de 70 ans...forge des couteaux avec son mari !...Ah, sacree famille...

Jour 12
12è jour d'apprentissage, 115è jour de voyage. 250è repas vietnamien, 30è repas végétarien?



Hélas, je commence déjà à compter les jours à l'envers...j'ai calculé le temps nécessaire pour faire le trajet nord-sud, et même en l'effectuant à l'accéléré, avec juste quelques villes-étapes stratégiques (Hanoi, Dong Ha, Huê, HCm, Sa Déc, Hcm), il me faudra quitter Cao Bang le 10 mai au plus tard...


Ici un couteau de Phuc Sen, reconnaissable au poincon



Ce qui ne me laisse que 21 jours.
21 jours, pour apprendre à forger un couteau, 21 jours pour apprendre l'anglais à Em Thành, 21 jours pour goûter tout ce qui m'est inconnu, 21 jours pour profiter de chaque moment avec chacun. C'est peu !


mon marteau : 4,5kg


Depuis douze jours, je ne vis plus que pour ông Kin. Je ne trouve plus du tout le temps pour flâner, prendre des photos (même numériques) ou faire des courses. Je ne m'en plains pas! Mais c'est vous dire à quel point ce voyage a changé de tournure!




Il y a six mois, avant de partir, je disais en rigolant que "peut-être que je trouverai un forgeron là-bas et que j'y resterai". Mais jamais je n'aurais pensé que la réalité dépasse le rêve!


Chez Ong Kin on apprend a manier le marteau tres tot!


Or la réalité est là : on me donne (certes je me suis battu pour) l'opportunité de faire un "stage" de forge...avec la possibilité de passer 12h par jour avec le maître de forge. S'ensuit un apprentissage non pas uniquement de forge, mais également un apprentissage humain (comme vous le lirez très bientôt). Et le plus dur, contrairement à ce que vous croyez, n'est pas de maîtriser la forge, mais plutot comprendre, cerner et apprivoiser le maître. Sans le connaître, vous n'imagineriez pas à quel point c'est difficile. L'homme est le plus mystérieux, le plus silencieux, le plus obscur, le plus lumineux, que j'aie connu. Vraiment.


Un jour il me demande de... polir son enclume ! et c est sacrement dur, une enclume... j y passerai deux heures, sans resultat visible ! Je me demande s il ne l a pas fait expres! Avec ce clown, on ne sait jamais!


Tous les matins, je me lève sans réveil, à 5h15. Au pire, 5h30. Avant, je buvais un café à l'hotel, mais maintenant je préfère attendre de le partager avec ông Kin. (j'en ai acheté une grosse boîte pour la famille)


Je sors dans la rue vers 5h30, sous le regard complice, de Chi Nga (elle m'a dit que n'ayant que 11 ans de plus qu'elle, je devrais l'appeler Chi plutot que Cô), la gérante, qui vend sa viande dès 5h. Dans ce pays plus qu'ailleurs, le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt.



J'ai une heure pour faire mon parcours préféré, selon un rituel immuable : tout d'abord lire mes mails sur mon téléphone en piquant le wifi de l'hotel Bang Giang, puis acheter mes légumes du jour. Citrouille, oignons, brèdes, choux, bambou, et tout ce qui m'est inconnu. Enfin, je m'arrête discuter un peu avec em Niep (au restaurant) et sa copine (Xau a disparu, Duong a été remplacée - ce sont des boulots provisoires).





Ici des bois de songe

Je vous ai dit plusieurs fois qu'il est difficile de voir des H'Mong. En fait, j'avais tout faux : si vous voulez voir des dizaines de H'Mong de tous âges, levez-vous avec le soleil. Ils sont là, partout, seuls ou en couples, panier sur le dos, à vendre des oiseaux (hommes), du miel sauvage, diverses herbes et brèdes, feuilles etc (femmes).


Je suppose qu'ils prennent un bus vers 4h de leurs villages. Ils vendent leurs marchandises dans la rue (leurs brèdes ont un franc succès), puis disparaissent les uns après les autres, vers 6h30! Probablement pour retourner à leur village et s'occuper de la récolte pour le lendemain. Evidemment ce ne sont que des suppositions, mais je pense que ça explique que je n'en voyais que très rarement jusqu'à maintenant. Ce n'était donc pas, comme je le croyais, une question de saison, mais une question d'horaires...

D'habitude je sortais au plus tôt vers 7 ou 8h...me lever plus tôt m'a permis donc de lever ce mystère des H'mong invisibles.

"H'Mongs invisibles,
Aux yeux du quidam
Qui fait la marmotte"


Vers 6h30, j'arrive chez Ông Kin. C'est seulement à 300 ou 500m de mon hôtel. Je ne rentre jamais sans qu'on m'y invite, pas plus que je ne manifeste ma présence. Etre invité, c'est bien, s'inviter, non!
J'attends donc sagement sur le banc devant la forge. Lorsque cô Huyen sort, je lui donne le ou les légumes que j'ai choisis.


"Verts, oranges,
Jaunes ou blancs,
Les légumes du jour"

Je l'aide alors à préparer la forge : y porter tous les outils (marteaux, pinces, burins, limes), tabourets, chaises (celles-ci servant à soutenir les pièces qui dépassent de la forge, telles que lames de ressort entières), et bien sûr enclume. Pas d'échauffement, on porte l'enclume de 90kg à jeûn...et à une main de préférence (question d'équilibre ; si vous portez votre côté à deux mains, vous êtes courbé).


La souche sur laquelle on pose l enclume, est enterree de 40cm !


Un des couteaux pliants de Ong Kin, qu il compte me donner lorsque je partirai (entre autres choses)



Un jour j ai meme aiguise une aiguille...

Ông Kin descend de la mezzanine à 7h pile. Il ne me dit jamais bonjour (comme sa femme, d'ailleurs - notez qu'elle a mis deux semaines avant de me parler, trois semaines pour me sourire, et six semaines pour rigoler!), pas plus qu'il ne manifeste le moindre plaisir de me voir (en fait souvent je ne sais même pas s'il me voit).



Une fois le petit-déjeuner servi, j'attends le signal pour entrer. Ce peut être, selon son humeur, un sifflement, un "oi!", un "vinh an com!" ou bien un "an com! (manger)".
Cette attitude "froide" est tout à fait normale dans ce pays, je m'y suis habitué! Mais avouez que cela vous surprendrait.


On trempe a leau et egalement dans la terre - j en parlerai plus dans le prochain episode.

De manière générale, nous parlons très peu, voire pas du tout, lors de nos repas (surtout le matin). C'est d'ailleurs, je suppose, la raison pour laquelle il me tolère. Rappelez-vous qu'il m'a dit ne pas manger en famille car en plus d'être végétarien, il a besoin d'être au calme pour méditer.


Quand je vous dis qu il sait tout faire...


Un jour nous forgeons un burin enorme...




Méditer? Parlons-en. Le bonhomme, entre deux bouchées de riz ou entre trois coups de marteau, médite en permanence. Parfois, alors que vous mangez, buvez, discutez ou forgez, il s'arrete. Il s'arrete, et, yeux ouverts ou fermés, assis en tailleur, il médite. Subitement, il passe dans un autre monde. Un monde où vous n'existez plus. Tout ce qui est autour (bruits et visuel) semble disparaître. Alors, dans ces moments-là (très fréquents), on se demande si c'est vous ou bien lui, qui êtes ailleurs...


Un jour de chaleur, je craque, je vais chez le coiffeur...la chevelure de forgeron facon lion, ca sera pour une prochaine fois !



Là aussi, passés les premiers repas, je m'y suis habitué, et respecte cette bulle de silence à tout moment où il le "demande" (donc en gros, s'il s'arrete de parler/manger, faites de même). En fait, moi, ça me plaît bien. D'ailleurs, c'est la première fois que je vois un Vietnamien qui mange aussi lentement que moi!

"Manger,
Fermer les yeux,
Ouvrir l'esprit"

Souvent, je ferme moi aussi les yeux et essaye de visualiser et agir dans l'ordre sur les muscles qui ont été sollicités ou qui sont douloureux - reins, épaules, bras, doigts,ainsi qu'il me l'a "appris" à plusieurs reprises. Ce qui est sûr, c'est que ça marche. Essayez, vous verrez!


Toujours est-il qu'il est tout à fait courant que nous ne prononcions pas le moindre mot durant une, voire deux heures. Nous buvons un thé ou un café, et commençons la journée à 8h.

"journée de forge,
Commencer fort,
Finir en douceur"

En général nous commençons par le plus dur, c'est-à dire forger les couperets de bouchers (qui sont en fait utilisés comme des couteaux à tout faire, que ce soit émincer des légumes ou débiter un cochon). Dans le même temps nous forgeons des barres à mine, burins et pieds de biches. Il est courant de faire 5 de ces couteaux, en retaper autant, et de forger une quinzaine ou vingtaine de barres à mine de toutes tailles, en quatre heures de forge.

Faire des pieds de biche est devenu pour moi très ennuyeux : une vingtaine de coups de marteau à tout casser, c'est terminé...et les fers à béton sont mous. Rien à voir avec la forge des couteaux dans des lames de ressort, pas assez physique...je laisse la place à cô Huyen car il ne sert à rien d'être à trois là-dessus.

On éteint la forge vers midi pour le repas. Au bout du 30è repas végétarien avec ông Kin, je ne me lasse pas! Entre mes achats et ceux de cô Huyen, on ne mange jamais la même chose.
J'aime beaucoup manger la polenta brûlante le matin, ou du pho xao. Parfois un étonnant pho végétarien, avec uniquement tofu.


Oui, savoir tout faire...

A midi c'est toujours du riz complet, le soir soit riz complet soit manioc ou sortes de patates. Parfois aussi du chè sucré de manioc avec riz complet. Mélange pour le moins nourrissant : faites cuire du riz dans beaucoup d'eau, ajoutez du sucre et des morceaux de manioc ou de patates! Et mangez bouillant...avec des glaçons (?) et des légumes...


Au repas de midi, je dévore tout avidemment, affamé. Le soir je mange en général moins. Le problème c'est que plus je finis mon bol (plutot une grosse gamelle, je dirais - le bol est à part) de riz, et plus elle en rajoute au repas suivant.


Sur la photo, c est un repas pour deux ...



Atelier polissage : David a gauche sur la photo

Nous avons fini le stock d'algues frites (que j'aime beaucoup - il me faut ma dose par jour) et de protéines de soja frites. Ông Kin en a commandé pour un millions de dongs, à Hcm, nous devrions les recevoir bientôt. C'est la seule fois où il a accepté que je lui donne un peu d'argent (j'ai du insister).


Pour toutes les questions de finances, dépenses et cout des achats, ne voyez rien avec lui, voyez plutot avec sa femme. Ông Kin, en fait, ne sort jamais de sa forge. Je ne l'ai jamais vu aller où que ce soit, entre le petit-déjeuner et le moment où il va se coucher...

Mais lorsque je dis à sa femme que je veux participer aux dépenses, elle me l'interdit et rétorque que je ne mange...pas beaucoup! Ah bon? Moi qui ai l'impression que je n'ai jamais mangé autant au Vietnam!?






Ông Kin est un personnage mystérieux, végétarien à 150%. Un jour, il m'a demandé d'aiguiser un couteau de boucher, à manche en bois recouvert de graisse de cochon - particulièrement désagréable (les bouchers ne lavent jamais leurs couteaux). Même en le lavant trois fois avec de la lessive le manche était toujours glissant et puant (la graisse rance...ça pue). La lame est tellement grasse que c'est impossible à aiguiser (sic). Une fois fini, j'ai posé le couteau sur la table avec deux autres couteaux...ông Kin n'était pas très content et m'a dit de poser celui-là ailleurs, par terre...De même, un jour j'ai sorti ma dent de dromadaire (que j'ai retrouvée planquée dans mon fourre-tout avec deux hameçons) de ma poche, et em Thành m'a dit de ne surtout pas la montrer à ông Kin.


En guise de banc-test, ce couteau de Phuc Sen mal trempe, et sur lequel on frappe nos couteaux une fois forges... d ou les nombreuses dents sur le tranchant !


Ông Kin est aussi un personnage extrêmement sensible à toutes sortes de créations de la nature. Quelques exemples :

1) Le coup de la tomate

Un matin, nous trouvons une petite tomate intacte, flottant dans le bac de trempe. N'importe qui ici, l'aurait tout simplement jettée dans la rue. Mais ông Kin n'est pas n'importe qui. Intrigué, il se demandait comment cette tomate avait atterri là, puis, la lava et essuya soigneusement, et...la posa délicatement sur une pierre devant l'atelier, afin que quelqu'un puisse la récupérer. Étonnant, non?

2) Les fleurs de bougainvilliers

Au-dessus de l'atelier, il y a un immense bougainvillier, qui fait de l'ombre. De temps à autres, des fleurs tombent dans le bac de trempe. Ông Kin prend soin de les enlever à chaque fois, soigneusement. Pourquoi? Je n'en ai aucune idée.


3) L'oiseau

Un jour, pendant le repas, ông Kin s'interrompt soudain, sort, et va ramasser quelque chose sur la route. Intrigué, je m'approche, et vois qu'il a ramassé un petit oiseau. Il me dit qu'il a été heurté par un véhicule. L'oiseau est passablement sonné et immobile. Ông Kin passe lentement sa main au-dessus de l'oiseau, yeux fermés, murmurant quelque chose...comme lorsqu'il s'est coupé ou blessé aux mains. Puis il pose l'oiseau au pied du bougainvillier.



Une heure plus tard, je cherche l'oiseau...et ông Kin, tout souriant, me dit qu'il s'est envolé et qu'il est reparti! Belle histoire, non?


Moi aussi les oiseaux m aiment bien...ils me mangent les doigts.

4) L'eau

Parfois, il peut passer un quart d'heure à observer un verre d'eau, le tournant, retournant, remuant, avec une concentration intense, comme s'il cherchait une réponse dans l'eau. Un mystère de plus...sans réponse.

Ces quatre exemples vous donneront une idée de la complexité du personnage...

Mais malgré les apparences, ông Kin est aussi un bonhomme à la fois avare de paroles et généreux de partage ; et sous sa barbe se cachent un franc sourire et un clown sans pareil.
Depuis que je lui ai appris a siffler la voisine , il siffle toutes les filles qui passent !


Un soir, je demande à mon père d'appeler ông Kin pour lui dire ce que je n'ai pas pu lui dire faute de vocabulaire (par exemple que ça fait des années que je rêve d'apprendre la forge), et pour le remercier de l'apprentissage et lui proposer de le payer. L'homme refuse toute compensation, dit qu'il est content de m'apprendre, et qu'il a eu le temps de m'observer pendant un mois avant de décider que je pourrais bénéficier de son enseignement.
Vu la nature de ce maître de forge, cette réponse n'étonnera personne!


Parfois on vend aussi du fer...et meme , comme vous le voyez sur la photo, des obus de la guerre du vietnam... Ce sont ces memes obus (vides) qui servent de petites enclumes pour les finitions.

Pour ceux qui connaissent, la ressemblance avec "Le fer et la soie" (film initiatique où un occidental cherche à suivre un enseignement d'un maître de kung-fu chinois - parcours semé d'embûches car le maître refuse d'enseigner à un étranger) est frappante...

Un jour, après trois semaines de canicule (il fait 30°C maintenant ; adieu pulls et vestes), et sans prévenir...



Subitement, c'est la tempête. D'un coup, comme ça, alors que j'aiguise des couteaux, le vent se lève. Tout s'envole : parasols, bâches, objets divers. Les branchages tombent dans la rue et sur les voitures. Alors que tout le monde s'empresse de ranger les stands, Ông Kin, impassible comme à son habitude, marche tranquilement et ramasse les branches de bougainvilliers!...on peut voir la force du vent à sa barbe et sur le parapluie à droite...

Ces bourrasques durèrent à peine dix minutes. Puis, tout s'arrete et...la pluie arrive! Grosse pluie, bien attendue (il fait vraiment chaud depuis quelques jours). Pluie de mousson, très forte. La route devant la forge devient vite impraticable sans bottes. Les gens s'abritent. Ông Kin, placide, continue de forger et vide le bac de trempe (il me dit que l'eau de pluie n'est pas bonne pour la trempe). Quant à moi, je suis obligé d'arrêter l'aiguisage, recevant de l'eau sur la tête.



Puis, à peine dix minutes plus tard, tout s'arrete aussi subitement que ça a commencé! Et le soleil revient, les gens ressortent! Nous avons eu bourrasques,averses et soleil, en vingt minutes...la pluie a été salvatrice car elle a bien rafraichi l'air.


Eh oui on peut forger des couteaux a partir de cet enorme morceau de fer...


qu il faut d abord couper en deux

Un jour, un bonhomme petit, sec et un peu barbu, en chemise, arrive. Il discute un peu avec ông Kin, mais sans plus. Je suis habitué à ce que des inconnus viennent et essayent de plaisanter avec ông Kin, ou de soupeser ses marteaux. À ce moment-là ông Kin et sa femme forgent un énorme burin. Tout d'un coup, le bonhomme se lève, retrousse les manches de sa chemise, et saisit une des masses! Moi évidemment je me dis "ça y est, encore un qui veut faire l'intéressant, il va se faire remettre à sa place vite fait".


Sauf que...ni ông Kin, ni cô Huyen (notez que je pourrais l'appeler Bà mais elle veut que je l'appele cô...alors qu'elle a le même age que Nga, qui veut que je l'appele Chi! Compliqué, hein!) ne dit mot...
Et là, j'assiste à la démonstration de forge (et de force!) la plus impressionnante que j'aie vue!

Au lieu de soulever bêtement la masse au dessus de la tête (comme cô Huyen et moi), il la tient à bout de bras (donc les mains carrément au bout du manche), et fait un moulinet en balançant la masse derrière lui, et en faisant un cercle complet. Je ne vous dis pas la force obtenue par rapport à cô Huyen, ông Kin et moi...et surtout, c'est visuellement très impressionnant!! J'en reste coi !

En fait...ce monsieur n'est autre que le petit frère d'ông Kin!!agé de 45 ans (ông Kin a 50 ans), ils ont tous les deux été formés à ...12 ans! Eh oui, ông Kin me dit qu'à 12 ans il savait déjà forger un couteau(...) mais qu'il faut cinq ans pour devenir forgeron. Bon, moi, j'ai un mois en tout...


...
d'ailleurs, à un moment il prend le relais d'ông Kin derrière l'enclume! Et c'est lui qui me dit de forger avec lui et cô Huyen...
Par la suite, lorsqu'il est parti, je m'entraine à vide, à utiliser la masse comme lui. Ce n'est pas évident, mais ça s'apprend, comme tout! Ông Kin rigole et me dit "tot! Tot!" (bien, bien) ou encore "tu tu! Tu tu!" (petit à petit).

Quant au père, il frise les 80 ans et forge toujours actuellement, à Lang Son! Ah, quelle famille!

"Végétarien, c'est sympa,
Mais la couenne de porc,
Je suis tombé dedans quand j'étais petit"



Un jour je prends mon apres midi, pour apprendre a faire des nem bi avec Nga


Em Duyen, la fille d Ong Kin, et une voisine, prises en flagrant delit de grignotage de mangues vertes


Ba Quyen (ne pas confondre avec Huyen), qui heberge chez Ong Kin, vend des chapeaux





Chez Nga, mes vetements sechent au dessus des morceaux de viande


David a achete une nouvelle moto, pour revendre la premiere...


Jonah a la cuisine


David dans leur chambre d hotel


Lecon d aiguisage pour David



Un repas tous les quatre






Jonah (toutes les photos en format non panoramiques, sont de lui)


Em Thanh, le fils d Ong Kin


Un soir je vends un de mes couteaux a David... on le teste sur ses jambes...et ca marche !




Jour brumeux a Cao Bang...




Oiseau apprivoise...




Chi Hop


Tous les jours on se pese ! Ici la copine de Thanh
Je pese 54kg... et Ong Kin et son frere sont les seuls vietnamiens qui me trouvent gros et gras !


Papaye verte


Em Duyen semble tout droit sortie d un manga


Co Huyen vend egalement du bois et du charbon ! quoi de plus normal, chez une famille de forgerons !!!





Couteau de Phuc Sen a reparer...


La carrure de Co Huyen...





Un jour on se fait livrer 1.5 tonne de charbon de mine


Em Duyen et Jonah



Workshop aiguisage et polissage




Tout le monde rigole car j appele Jonah "Em oi", terme utilise pour les petits freres et petites soeurs, car il a 24 ans... alors qu il mesure deux metres!
Jonah , David et moi avons passe pas mal de temps ensemble. Ils sont depuis repartis sur Hanoi, mais Jonah devrait revenir bientot.
Bon, la suite la prochaine fois, je retourne a la forge! J attends vos commentaires :)



1 commentaire:

  1. Une expérience initiatique vraiment passionnante. Comme quoi la photo n'est qu'un moyen de découvrir les autres, d'ouvrir les yeux tout simplement.... !
    En attendant impatiemment la suite.
    Amitiés.
    Julien.

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