De-Vinh qui je suis!

Sur ce blog, vous pourrez trouver des informations aussi diverses que la fabrication d'étui en peau de varan, l'évolution de mon potager et des conseils de jardinage, des photos de mes voyages, etc etc...
A noter que "bo" veut dire boeuf en vietnamien ! On ne renie pas ses origines!

samedi 7 mai 2011

Part 39 - Immersion en famille

Chers amis,
pour feter mon 30e (deja !!) jour d apprentissage, voici enfin la part 39 - part qui en fait s arrete au jour 16... c est vous dire le retard que j ai pris ! C est pourquoi dorenavant plutot que de poster des longs mails chronologiques je vais plutot poster des petits messages illustres regulierement, sur un sujet en particulier !
Je suis donc installe chez Ong Kin depuis une petite quinzaine...et tout se passe tres bien malgre quelques jours difficiles et un jour tres difficile (hier - 29e jour). Mais comme on dit... Apres la pluie, le beau temps !

"Cao Bang,
50 000 habitants,
Deux ermites"


Tout dabord voici mon adresse postale chez Ong Kin car si on arrive a modifier mon billet je vais y rester plusieurs mois. plutot drole de recevoir une carte postale de vous alors que je suis en voyage... non ?? rien que pour le clin d oeil, faites-le ! Cliquez sur limage pour l agrandir, et ecrivez l adresse encadree telle quelle avec les memes accents.



Un matin, voyant Ong Kin lisser sa barbe comme d habitude, je decide de la lui tresser ! et ca lui plait !

"qu'est-ce qui commence par A, finit par CIER, et se fait taper dessus tout le temps?"


Passée l'euphorie des douze premiers jours, ont suivi deux jours difficiles avec le maître de forge.
Déjà, j'avais l'impression de stagner. Tout d'un coup, Ông Kin me sollicitait moins, et je ne faisais aucun progrès. Du coup, moins je progressais et plus j'avais l'impression qu'il m'ignorait!
Je ne savais plus que faire, où aller. Devais-je partir? Rester? Depuis quelques jours je me posais la question de modifier mon billet d'avion.


"Le maître et l'apprenti,
Deux beaux sourires
La forge
Le destin

Sans doute"
Pierre, 24 avril


Les repas vegetariens se suivent mais ne se ressemblent jamais.


Et comme ông Kin ne m'accordait que peu de temps et d'attention, prendre une décision n'était pas facile. Rester pour son enseignement, c'était prendre le risque qu'il se lasse et que le séjour tourne au vinh-aigre...Partir vers le sud à la date prévue (10 mai), c'était prendre le risque que finalement tout se passe bien et que j'en vienne à le regretter!


"lame sur le silex
au pays des jonques
va sur le chemin..."
Virginie, 28 avril


J utilise entre trois et cinq pierres a aiguiser, selon le couteau. les trois pierres de droite sont des pierres naturelles tres douces, pour polir et aiguiser. Ce sont des pierres uniques comme je n en ai jamais vues. Ong Kin veut scier celle de droite pour m en donner la moitie, cadeau inestimable pour un futur forgeron (les pierres naturelles sont rares et tres cheres, en general elles font a peine un ou deux centimetres d epaisseur). Mais la pierre fait 18 kg ! les trois autres sont des pierres artificielles que l on utilise en premier.

Pour ne rien arranger, les réponses que m'avait donné Ông Kin (je lui avais demandé s'il pensait que je devrais rester plus longtemps) avaient été très vagues, voire franchement décevantes (en gros, il disait que ce n'était pas à lui d'en décider, et que si je voulais rester je n'avais qu'à rester).
En outre, son fils (avec qui je m'entends très bien), pour être franc avec moi, me conseillait de ne pas rester plus que prévu car il avait peur que je n'arrive pas à supporter son père aussi longtemps. Et sa mère pensait de même...
Bref, pas facile...j'ai passé deux jours à cogiter et à essayer de prendre une décision. Mais franchement, j'oscillais plutot pour partir comme prévu...car je m'étais renseigné pour modifier mon billet d'avion et le coût est de 100-150euros environ. Si je choisissais de rester trois mois (je ne fais jamais dans la demi-mesure) et que finalement ça se passait mal, il aurait fallu modifier le billet une deuxième fois.


Il commence a faire sacrement chaud... Heureusement Ba Quyen vend des chapeaux (tres pratiques pour la pluie)

D'un autre côté, partir pour revenir dans un an ou deux, c'est risqué aussi : qui me dit que je serai encore, à ce moment-là, le bienvenu? Ne faudra-t-il pas tout recommencer à zéro, la vie à Cao Bang, l'apprentissage de la langue, etc?

Bon, après, il y a la question du visa. Là encore c'est toujours compliqué. Si je reste je crois qu'il sera plus simple de faire un aller-retour Hanoi-Laos (et revenir avec une autorisation de séjour de trois mois), plutot que de refaire le parcours du guerrier chez les công an et le service immigration.

Ces deux jours-là, je suis tellement incertain que j'erre un peu ; et lorsqu'ông Kin ne me sollicite pas (on ne se parle quasiment plus!), je me sens indésirable alors je m'absente pour X raison...et lorsque je reviens, c'est encore pire, il est très mécontent! Normal, vous me direz...en tout cas je ne sais plus où me mettre, et commence à me demander si je ne deviens pas trop encombrant dans la vie "tranquille" d'ông Kin...pourtant, et vous le savez bien, je n'ai pas eu l'impression de m'imposer...

Le 14è jour au soir, de peur que notre relation dégénère, je veux en avoir le cœur net, et en parle avec cô Huyen ; celle-ci me rit au nez et me dit qu'elle ne peut pas demander à ma place car elle parle rarement à son mari...(en fait elle dort au rez-de-chaussée et il dort dans le grenier!) ; et me dit que je devrais/pourrais rester jusqu'en 2012...ça ne m'avance pas plus.


Un jour on forge une tete de hache de 2kg dans une lame de ressort ! je ne pensais pas que c etait possible. Je l aiguise comme un rasoir...


Ici l acheteur, et ca marche !


Cet outil utilise en foret, est l enfer a aiguiser a cause de la courbe interieure. il faut utiliser une pierre incurvee.


Une forge a charbon est facile a fabriquer. Ong Kin m a dessine un plan pour ma propre forge.




"Manger avec Ông Kin,
C'est comme manger seul
En bonne compagnie"

Ce soir-là, après le repas avec ông Kin, encore plus silencieux que d'habitude (parfois il me tourne carrément le dos pour méditer, sur son fauteuil à roulettes! C'est très perturbant!), je décide de lui demander sérieusement ce qu'il en pense. En gros, je lui résume ce à quoi j'ai réfléchi, à savoir que s'il estime que je dois/peux rester pour apprendre plus, je dois décider maintenant, mais que ça dépend surtout de lui!


(un jour, je vois un crabe se balader dans la rue, perdu. Conformement a ce que Ong Kin m a appris, je l attrape et le relache pres de la riviere)

Et là, l'inespéré arrive : tout d'un coup le masque "fermé" des deux derniers jours tombe et je retrouve LE ông Kin souriant et avenant...comme s'il n'attendait que ça...(avec le recul, je pense que ces deux jours difficiles étaient pour lui un moyen de savoir si oui ou non je tenais vraiment à son enseignement). Je lui parle aussi du prix de l'hotel et le remercie de me permettre de manger avec lui.
Et enfin, je lui dis que je ne sais jamais s'il est content de moi ou pas.

"ông Kin,
Parler peu,
Parler bien"

Ông Kin me dit alors qu'il n'aime pas parler beaucoup aux gens car il aime être au calme pour méditer (ça, on l'aura compris!). Et il n'aime pas trop les gens en général (décidément...que des points communs!), c'est pourquoi il a horreur des grandes villes. Si manger végétarien ne me dérange pas, partager son repas avec moi ne le dérange pas.

Très vite, et spontanément, il me propose de dormir chez lui! J'avoue qu'au début ça m'a tellement surpris que je ne l'ai pas trop cru...il cogite deux minutes, regarde son atelier, et me dit qu'il a déjà des planches pour me faire un lit, qu'on peut l'installer en un jour (ah bon?) ici-même, en hauteur(?) juste derrière l'entrée principale...

Je n'ai qu'une minute d'hésitation, d'autant plus que le bonhomme semble réellement heureux de me proposer d'héberger chez lui car moins de dépenses (hotel) = pouvoir rester plus longtemps...
Évidemment j'accepte avec plaisir, en fait j'ai l'impression qu'ông Kin avait déjà réfléchi à la question!
Pendant la discussion em thành et cô Huyen, curieux (et après tout, premiers concernés puisqu'il s'agit de vivre chez eux avec eux!), se joignent à nous et semblent ravis ; même si c'est visiblement le père de famille qui décide. Cô Huyen ne veut pas que je la paye pour dormir ici mais accepte 50 000vnd par jour pour payer les repas! 50 000d, c est 1.80 euro.


Le balcon, ou on fait la cuisine et prend les douches en plein air ! on s y habitue tres vite et c est plutot drole. On chauffe l eau sur le feu en permanence.

Je prends congé et rentre à l'hotel ravi ; reste à voir dans les prochains jours si ông Kin ne change pas d'avis!
En revanche, chi Nga la gérante de l'hotel, n'a pas l'air ravie car elle perd son meilleur client (45 ou 50 nuits!)...et s'empresse de me dire que les công an ne m'autoriseront pas à dormir ailleurs qu'en hotel (ça, on s'en doutait...reste à voir si on peut trouver une solution). En fait, malgré les bons moments que l'on a passés (les cours d'anglais, les repas etc) je suis persuadé qu'elle va nous mettre des bâtons dans les roues...pour me garder à l'hotel. Hum...c'est pas gagné, je ne la "sens" pas du tout!

M'enfin, chaque chose en son temps. Je m'endors la tête pleine de rêves de forge, de maison d'ông Kin, de ma future forge à Barre des Cévennes...

Jour 15

J'arrive chez ông Kin tout guilleret ; cette (longue) conversation hier a levé la gêne des derniers jours ; je suis maintenant persuadé d'être le bienvenu. Et comme cette motivation se ressent, ông Kin me sollicite de nouveau "comme avant". Parfois aussi, c'est à moi de montrer mon intérêt ; lorsqu'il sort une pièce de sa forge et que je ne suis pas attentif, il ne m'invite pas à frapper car il suppose que je ne veux pas le faire. Il faut donc être prêt...tout le temps.


Un jour on fait un outil conique bizarroide. pour m expliquer ce que c est, Ong Kin le met au bout du manche de sa pelle et me montre que c est pour les bateliers!


Une fois, et une seule fois, je forge momentanent en savates. Ca n a pas rate, et un eclat de fer chaud m a brule l orteil. Il est reste colle dessus et je n ai pas ose l enlever...et la, Co Huyen me l a arrache sans prevenir. apparemment ca l a beaucoup fait rigoler... pas moi !


47 piques forgees pour un portail !

Mais participer activement ne doit pas signifier que je n'ai pas droit à des pauses ; au contraire. D'une part je lui ai promis de lui dire lorsque je suis fatigué (avec ce genre de métiers il ne faut pas plaisanter avec la fatigue ou le manque de concentration), et d'autre part je sais maintenant, selon ce qu'il fait, à quel moment je peux m'absenter pour me détendre (exemple: lorsqu'il meule les couteaux) ;



Vue du marche


Em Hien


Em Thuy

j'en profite alors pour faire la tournée des amies : em Niep, em Thuy, em Hien, em My, em Mai... (forcément...je connais toutes les cuisinières du marché), mais aussi mes amies Nung, que je n'ai pas oubliées.


Chi Minh, toujours aussi belle

Depuis que j'ai dormi à Phuc Sen je me suis éloigné d'elles car leur rapport avec l'argent est trop fort...elles restent persuadées que j'ai beaucoup d'argent et m'en parlaient tout le temps ; et sur la fin je n'ai pas du tout apprécié ce rapport faussé. Par exemple chi Hop m'a tout de suite demandé combien j'avais donné d'argent à chi Thim pour les deux nuits passées chez elles (en fait, je n'ai rien donné car j'estimais que c'était une invitation ; j'ai préféré donner des graines pour son jardin) ; ou bien, elles me demandent systématiquement si ông Kin me paye pour le travail que je fais. J'ai beau leur expliquer que je suis là pour apprendre et non pas travailler, elles ne comprennent pas.

Un jour j'ai dit à chi Thim que lorsque je partirai, je lui achèterais peut-être une autre tunique (en fait, je me disais que je préférais ne pas lui donner d'argent et plutot lui acheter quelque chose). Le lendemain, elle m'en amena une et me demanda un prix plus élevé que celle que j'ai achetée (400 000vnd juste pour la veste...)...et bien que j'aie pu négocier (en deux jours) le prix de moitié, je n'ai bien sûr pas du tout apprécié qu'elle me dise que "j'ai beaucoup d'argent", et ai donc au final refusé de l'acheter.
Ce constat a été triste pour moi...mais pas surprenant. Toujours est-il que j'ai été tellement occupé par la suite, que j'ai changé de point de vue et ai décidé de passer moins de temps avec elles.

Ce qui n'est pas forcément mal ; une relation, ça évolue...et au bout de dix jours de cette tactique de "l'éloignement forcé", tout est redevenu comme avant, et nous plaisantons de nouveau tout en partageant de bons moments.


Bac Bach

Certains d'entre vous m'ont demandé ce que devenait em Vui et sa famille (retour deux mois en arrière : je l'avais rencontrée au hasard d'une balade, et avais passé quelques jours avec sa famille). En fait, et bien que la demoiselle ne me parle plus depuis que je lui ai dit ne pas vouloir l'emmener en France, j'ai croisé plusieurs fois sa sœur chi Van, sa mère et son père (celui-ci venant faire réparer des burins de marteau-piqueur de temps en temps) et ils m'ont invité à leur rendre visite. Mais je n'avais pas apprécié le dernier repas chez eux car le père et ses accolytes avaient un peu trop insisté pour me forcer à boire - et vous savez ce que j'en pense.
C'est pourquoi j'ai refusé toutes leurs invitations, d'autant plus que je suis très fatigué le soir et que leur maison est à presque 2km.


Une bonne journee de travail...et du sacre boulot pour aiguiser.


La soudure au fil d etain, terre argileuse et eau de pluie - j expliquerai plus tard


Mais revenons à nos moutons (et à nos marteaux) ; le 15è jour, donc, tout est redevenu normal chez ông Kin. En fait, c'est même mieux, car après ce qu'il m'a dit je suis plus confiant, et de son côté il sait que je suis déterminé à rester et apprendre.

"Rester,
Pour apprendre,
Pour ne pas partir"

Ce 15è jour d'apprentissage, ông Kin me dit quelque chose qu'il ne m'a jamais dit auparavant : "dap khoe", ce qui signifie "frapper fort". Donc, en gros, il me dit qu'après 15 jours à frapper "comme un touriste" (c'est lui qui l'a dit!), il est temps d'apprendre à marteler pour de vrai...


Ong Kin forge en savates


Et là, je comprends ma douleur, et je comprends pourquoi il se moque gentiment de moi parfois! Donc il me montre comment utiliser tout son corps et concentrer toute sa force au moment ou on l'on frappe...sans la gaspiller. C'est difficile à expliquer, mais en gros plus on frappe bêtement (c'est-à-dire ce que je faisais) et plus on se fatigue pour rien, tandis que si l'on est vraiment concentré on arrive à un meilleur résultat en étant moins essouflé.
Le tout c'est de lever le marteau sans gaspiller d'énergie, et de concentrer toute son énergie en un seul point.

Et ça marche...le résultat est visible. S'ensuit une journée de forge intensive et mémorable, et de franches rigolades.


Autoportrait 1, compact pose sur l enclume, 06h du matin, 23e jour.

Lasse de me voir laver mes pantalons tous les deux jours, ong Kin m offre un tablier Nung, qu il a achete il y a onze ans !! il est assorti a ma tunique Nung .



Pour la photo, Ba Quyen me prete un chapeau


Evidemment je ne forge pas avec la tunique... il fait 37 degres ici ...


Question : c est le tabouret qui est petit, ou les pierres qui sont grandes?


On a meme fait un couteau avec cette lame de scie circulaire - et c est moi qui ai fait la decoupe.


Ong Kin a sorti la chemise bariolee


Durant la journée ông Kin réfléchit pour mon lit. Tout d'abord il me propose de faire un sommier en...fer forgé (forcément)!
Puis il regarde les poutres du plafond et me dit qu'on suspendra les planches...mais je n'ai aucune idée du "comment".

Les anti seches de em Duyen !

Le soir, cô Huyen lave les planches qui me serviront de sommier.


Jour 16
De très bonnes ondes aujourd'hui ; j'ai l'impression, depuis ma discussion avec ông Kin, d'avoir fait de nets progrès ; comme quoi, le moral y est pour beaucoup!
J'arrive maintenant à suivre le rythme sans soucis. Trois coups de marteau/seconde, vous n'avez pas le temps de les voir, vous vous fiez donc uniquement au bruit, régulier comme un métronome (ding-ding-ding), pour frapper à votre tour. Dès que l'un hésite ou dérape, les deux autres gardent le marteau en l'air par sécurité, et on reprend le cycle à zéro (toujours moi en premier).

Et puis, il faut bien observer car très fréquemment ông Kin change de coté de son marteau (un côté plat pour aplanir, un côté pointu pour étirer) ; comme vous n'avez pas le temps de le voir, vous vous fiez là encore au bruit du marteau, qui a changé, et à la forme de la marque laissée sur le métal. Il faut alors, au moment ou vous levez la masse au dessus de la tête, lâcher le manche pour le tourner.
Ce geste devient vite naturel car ces changements sont très fréquents et vous n'avez pas de marge d'erreur. Lorsque je mets plus de deux secondes à me rendre compte qu'ông Kin a changé son marteau de côté, il me rappele à l'ordre vite fait! Deux secondes, c'est la marge d'erreur autorisée! Je n'exagère pas.



Patate douce violette
J en achete souvent, on les fait griller au dessus de la forge !


Ong Kin en meditation devant la forge, au bord de la rue - comme je vous l ai dit, le monde autour n existe plus.

Je ne sais pas combien de temps on martèle lorsqu'une pièce sort de la forge ; cela dépend de son épaisseur : plus c'est fin, plus ça refroidit vite. Et quand c'est froid, le marteau rebondit un peu n'importe comment.
Mine de rien, si l'on tape 30s cela fait quand même, à trois, 90 coups! Ça ne doit pas être drôle d'être un morceau d'acier, on se fait taper dessus tout le temps!

Ông Kin m'a maintenant encouragé à utiliser l'autre masse, celle qui fait 4,5kg (soit 500g de plus que l'autre), lorsque nécessaire. 500g, ça fait toute la différence sur les pièces épaisses. C'est donc à moi d'évaluer laquelle des deux masses est la plus adaptée selon le travail.


Il y a trente jours je vous disais que je ne pensais pas être capable de soulever ce marteau aussi haut. Mais en fait, c'est très facile. Frapper aussi est facile. Ce qui est difficile, c'est de garder le rythme longtemps! Car ông Kin ne s'essoufle jamais (vraiment jamais), et sa femme, très rarement! Si cela arrive, vous dites "met" (fatigué), et vous reculez vite fait de deux pas pour qu'ils continuent sans vous.



A midi, je paye l'hotel, récupère mes affaires et les ramène chez ông Kin. Chi Nga n'est franchement pas ravie...j'aurai quand même passé cinquante et quelques nuits dans la chambre 303!

L'après-midi, ông Kin me surprend : on ne travaille pas! À la place, on va construire mon lit! Je suis étonné et ravi car c'est la première fois que je le vois ne pas travailler! Alors cela me fait plaisir qu'il prenne son après-midi pour moi, cela signifie beaucoup pour moi.

On déplace donc 1/2 tonne d'acier (c'est lourd, ces bêtes-là), puis ông Kin entreprend de forger quelques crochets, tord quelques morceaux de gros fils de fer (ce fou arrive à faire des "nœuds" à la main avec du fer de 5mm de diamètre) qu'il fixe aux poutres. Puis il attache deux bancs ("t'inquiètes pas, je les ai faits moi-même, ils sont solides!" qu'il me dit) qui serviront de support, et on installe les trois planches épaisses par dessus. Et hop, le sommier suspendu est fait! Et ça tient, ça ne bouge pas (sauf quand quelqu'un marche à l'étage).





Comme vous savez les vietnamiens dorment rarement avec un matelas (d'ailleurs, cô Huyen et em Thành dorment directement par terre dans le salon). Cô Huyen m'achète donc une natte que je pose au-dessus des planches. Puis on suspend une moustiquaire (depuis qu'il fait chaud ces sales bêtes pullulent) et un rideau tout autour de ma "chambre". Enfin, on met une bache au-dessus de la moustiquaire histoire de minimiser les poussières et toiles d'araignées qui tombent du plafond.

Ma chambre est donc juste derrière le rideau de fer de l'atelier qui donne sur la rue.
Ça n'a pas l'air, comme ça, mais c'est très confortable . De plus, dans un pays où la promiscuité est monnaie courante, avoir mon espace à moi, fermé, et grand (taille d'un lit deux places - je peux donc y mettre mes affaires), est un luxe dont je suis conscient. Si je veux être tranquille il me suffit de fermer le rideau!


On ne dirait pas, mais a l interieur c est tres confort - je ferai une photo

J'y dors d'ailleurs très bien ; j'ai plié une couverture en guise de matelas, et ai mis la natte par-dessus. On m'a "installé" l'électricité, un ventilo, et une lampe de chevet. Bref, c'est parfait.

Em Duyen dort à l'étage dans une petite "chambre" similaire (c'est-à-dire un lit entouré d'un rideau). Ông Kin, lui, dort dans une chambre au-dessus, que je n'ai pas vue.
Enfin, cô Huyen, em Thành et bác Quyen dorment dans le salon.


J ai decide de prendre une photo a chaque fois qu une fleur de bougainvillier tombe sur la pierre a aiguiser.
Si c etait des fleurs de prunier on se croirait dans un haiku.





Mon manche de marteau a fini par rendre l ame ; on le retaille.



Contrairement à toutes les familles chez qui j'ai dormi, souvent bruyantes et enfumées, cette maison est très calme. Jamais de télé à fond, pas de vociférations intempestives, pas de cigarette...c'est d'ailleurs pourquoi je m'y sens bien ; on se rappelera les nuits que j'ai passées, avec plus ou moins de succès, à Dong Ha...où le vacarme était permanent.

Par contre, je suis côté rue, et comme le rideau de fer est ajouré généreusement, on entend très clairement les passants, motorisés ou non. À partir de 22h c'est plus calme...vers 4h du matin, on entend déjà les gens faire leur gymnastique ou leur marche à pied!

Le matin je fais souvent les courses avec Co Huyen



vers le 20e jour, Ong Kin achete une moto d occasion a 6h du matin ! tout content, il l a payee 80 euros. Des qu il ne forge pas, il la bricole!
Il a ete mecanicien auto pendant dix ans dans les annees 80!



Mes amies Nung viennent charger des clementines devant la forge . on voit la forge en arriere plan.




Em Lan, top-model vendeuse de patates douces





Franche rigolade lorsque la petite em Duyen qui pese 42 kg emmene Jonah qui pese 98kg, sur son scooter electrique !!!



Le probleme d etre ami avec un geant, c est qu il faut monter sur une souche pour etre a sa hauteur (presque 2m)


Cafes chauds, servis sur l enclume brulante. Mieux qu un bain marie.


Reparation de la moto de em Thanh




Autoportrait 2, jour25

Patates douces sur la forge





Em My


Question subsidiaire : Qu est ce que ceci ?


1 commentaire:

  1. Salut Vinh,

    Vous avez trouvé le rat ?

    Bonne forge.

    Pierre.

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