De-Vinh qui je suis!

Sur ce blog, vous pourrez trouver des informations aussi diverses que la fabrication d'étui en peau de varan, l'évolution de mon potager et des conseils de jardinage, des photos de mes voyages, etc etc...
A noter que "bo" veut dire boeuf en vietnamien ! On ne renie pas ses origines!

dimanche 20 février 2011

Part 17 -Les Carnets culinaires d'un pêcheur d'images, Vietnam

"em gai miên quê", "une petite sœur à la campagne" (mot trouve dans mon carnet)


Episode 17 : Le Train Fantome

16 février 2011, Dong Hoi



Hier après avoir (enfin) pu envoyer le mail (c'est long et fastidieux pour mettre tout en page et envoyer les photos), je passe la soirée à la réception avec Anh car je ne capte pas le wifi au 4è étage, et à deux c'est plus sympa. J'échange ma carte de visite contre son numéro et lui montre un peu mes blogs et photos. On regarde un film d'horreur en chinois, doublé en vietnamien, sous titré japonais et anglais, son à fond. Soit quatre langues simultanées...Je suis habitué, les garçons en regardaient tous les soirs/nuits/matins à Dong Ha.
Bon à savoir : dans la plupart des hotels, même s'ils ferment à clé à 22h ou 23h, un membre du staff dort derrière le comptoir, prêt à ouvrir la porte à n'importe quelle heure.


grands filets pour pecher lors des crues

Ce matin, il fait gris de nouveau, me balade un peu, fais quelques images. Finalement lorsqu'on s'éloigne un peu du centre il y a quelques quartiers sympas.




Les bouteilles vertes au bord de la route vous indiquent les points de vente d essence.

Sur le port, on decoupe sur place des planches...

qui serviront a fabriquer un restaurant flottant



de ce style la


Je fais mes courses pour aujourd'hui : tofu cru, crudités émincés (ananas, carotte, concombre, bambou), herbes (rau ram et d'autres inconnues), racine de curcuma fraiche, mini aubergines-œuf en pickles, banh bot loc, banh nam, mini banh chung. Avec les premiers ingrédients je préparerai une salade ; et pour accompagner je craque : j'achète deux têtes d'ail, un citron vert et...un petit Bocal de mam tom!


(l orphie qui ne rentrait pas sur la balance)

Sur l'insistance de ma cousine, je mettrai le reste de l'ail dans mon sac à dos, pour "contrer le mauvais esprit et autres soucis" (bon, à 3 centimes la tête, ce n'est pas trop cher comme remède). Normalement on prépare le mam tom (pate de crevettes très forte) avec un peu d'eau, de l'ail et du jus de citron.



Enfin, j'achète trois goyaves. Tout ceci m'aura couté moins de deux euros.
Je dois examiner la carte, je ne sais pas si je reste une ou deux nuits de plus. J'aimerais partir vers le nord ouest, vers les villages de montagne, mais comment et où y dormir?



J'ai eu des nouvelles des Américains rencontrés il y a 15 jours ; ils ont logé à plusieurs reprises chez l'habitant, par hasard (et ils sont six!!!). J'espère avoir d'autres opportunités. Je suppose qu'il faut se lancer, se dire "soyons fous" et tenter le coup...et se préparer à de longues marches.
Sur les conseils d'Ade je m'inscris sur couchsurfing.org ; on va bien voir si ça marche. Je fais des recherches dans les villes environnantes et ne trouve que cinq résultats: cinq filles à Ha Tinh, Vinh et Thanh Hoa. 4 proposent une sortie café, et une peut héberger (c'est le pincipe du site : etre hébergé chez les gens dans le monde gratuitement). J'envoie cinq mails, on verra bien. De toute façon, peu (voire pas du tout) de jeunes vivent seuls ici : tout le monde vit en famille, je pense donc plus trouver des propositions de café et rencontres que de logement.


Bateaux abandonnes cotoient bateaux en bon etat

pour leurs besoins quotidiens, les marins se rechargent en bonbonnes d eau avant chaque sortie


Il n y a pas de ponton :
pour acceder aux bateaux, il faut marcher sur ces poutres...



Des limules , les crustaces fossiles au sang bleu

17 février 2011, Dong hoi - Vinh

Hier j'ai décidé d'aller à Vinh (160km au nord). D'habitude je fais des repérages à la gare la veille, mais là je n'étais pas trop motivé. J'aurais du, pourtant !

Ce matin, réveil à 7h, je quitte l'hotel - la gare est à 1,5km environ. Persuadé d'avoir toute la journée, je ne me presse pas, m'arrêtant même manger un banh bao au même endroit que le jour de mon arrivée (c'est symbolique, je finis souvent là ou j'ai commencé).
Malheur...plus de bus ! (il est 8h). Il n'y a que trois bus pour Vinh : 6h,6h30,7h! Et plus rien jusqu'à lendemain. Etonnant...un tableau affiche horaires et destinations, il n'y a rien pour le nord de toute la journée...(à part des villages qui ne sont pas sur ma carte). Bon, il ne me reste plus qu'à retourner à l'hotel jusqu'à demain?

Au comptoir, alors que j'examine la carte et pointe chaque ville à la guichetière (mais elle ne comprend pas que je veux aller dans la prochaine ville disponible, peu importe laquelle - c'est ça, l'improvisation), une fille de mon âge, charmante comme toujours, s'approche pour acheter son ticket. Je lui explique que je veux prendre un bus direction nord, n'importe lequel, esquissant un geste très vague sur la carte...Elle finit par me dire de la suivre (ou est-ce que je vais finir cette fois?), me pousse dans un taxi et ... Sort des billets! Je refuse mais elle insiste pour payer..."soyons fous", j'accepte (j'ai tout juste eu le temps de prendre son numéro pour la remercier, meme si je ne sais pas exactement ce qu'elle a dit au taxi) et le taxi m'emmène à la gare de trains, à plusieurs km. Chouette alors, moi qui me disais récemment que je n'avais pas eu l'opportunité de prendre le train...de toute façon , trop tard pour faire marche arrière.
Sur le panneau, les horaires sont écrits à la craie ; je déchante vite, le train pour Vinh part à 16h...au comptoir, ça se bouscule (les gens font la queue à droite ET à gauche pour le meme guichetier). Je finis par y accéder et me faire comprendre. Ouf il y a un train un peu plus tot : 13h30 (...4h30 d'attente), arrivée prévue à ...18h. Ça va etre délicat de chercher le centre-ville et l'hotel en pleine nuit...

Pour pouvoir me reposer (j'espère), j'opte (je crois) pour une place à couchette : 70 000vnd (2,50eur), contre 50 000vnd en place assise, et 100 000vnd en prenant le bus.
Heureusement avant chaque départ je prends soin de recharger toutes mes batteries, à savoir : portable, appareil numérique mais surtout épaules et cerveau! Je crois que j'en aurai bien besoin !

Depart pour HCM, la gare se vide en deux minutes top chrono




Les vietnamiens peuvent dormir dans n importe quelles conditions, n importe ou... et quelle souplesse !

Je fais l'inventaire de mes rations de survie : 1/2 bouteille d'eau (que je me trimballe depuis quinze jours car je ne bois pas, je suis un chameau), 2 goyaves, un carambole (fruit très acidulé en forme d'étoile, un pot de mam tom, trois blocs de tofu cru, 8 bananes, un citron et...un petit banh chung survivant de mon repas d'hier! Hourra, ce petit gateau de riz gluant va peut etre me sauver la mise. Quant à manger tofu et mam tom dans la gare ou le train, euh...je ne sais pas si j'oserai!!

Il est amusant de voir que 95% des touristes que je rencontre ont dans leur sac la même ration de survie, à savoir : chips pringles (des vrais), nutella (du vrai), beurre de cacahuètes et vache qui rit (authentique)!!!Les pauvres ne se nourrissent que de ça (pour vous dire, à Hué j'ai vu des vendeurs qui ne vendent QUE ces 4 aliments, dans les quartiers touristiques - et à prix d'or - un nutella = trois ou quatre repas). D'ailleurs, les américains ont déploré ne pas trouver de restaus occidentaux dans les petites villes - et cherchaient des frites(...). Je trouve ceci assez...fou. D'autant plus que c'étaient des voyageurs au long cours, à la fin de leurs séjours de cinq ou onze mois en asie...


des caramboles, fruits acidules en forme de fleurs




Dans les bouquins (lonely planet, guide du routard), évidemment on vous dira de tout éviter. À savoir , eau, glaçons, légumes crus, herbes dans les soupes. Soyons réalistes : sur cinq mois, et d'autant plus pour un voyage culinaire, se priver de tout ceci est impossible (en afrique, à 45° à l'ombre, vous ne résisterez pas à un bisap glacé). Et surtout, ce n'est pas dans ma façon de voyager. Je ne suis pas vraiment du genre à me brosser les dents à l'eau minérale.

Bien sur, et vu les endroits où je mange, le risque existe probablement (le plus à craindre ce sont les amibes je pense) ; mais je ne suis pas fou : je ne boirai jamais de l'eau que les gens ne boivent pas, par exemple. Au Mali, le puits pour les animaux n'était pas le même que pour les villageois.
En revanche, à Dong Ha on mangeait les légumes crus lavés avec l'eau souffrée (à l'odeur vraiment désagréable, et pas très claire qui plus est, avec laquelle on se lave et se brosse les dents). Si vous vous privez de cela par crainte, non seulement ce n'est pas très respectueux des gens qui vous accueillent, mais vous ratez également beaucoup de choses.
En Afrique j'ai été malade deux fois en neuf mois de voyage (hors rhumes et grippes) - et à chaque fois sur une durée de deux jours. Je m'étais vacciné contre le plus grave, à savoir fièvre jaune, typhoide, meningite et hepatites.

Il faut être conscient qu'un jour je vais peut etre etre malade et devoir rester trois jours sans manger ; mais il ne faut pas que ce soit une épée de Damoclès suspendue au-dessus de ma tête qui me priverait de ces ô combien merveilleuses expériences culinaires. Et mes voyages precedents ont prouve que j ai un estomac solide.

Enfin, évidemment j'évite de toucher des animaux vivants à part les buffles. Il ne me viendrait pas à l'idée de toucher un cochon ou un canard dans cette partie du monde. Pas folle la guêpe.
Pour résumer, je suis content déjà d'avoir fait ces 50 et quelques premiers jours sans encombre ; hier j'ai beaucoup réfléchi à la suite de ce voyage, et ai conclu que si pour X raison il arrivait quelque chose de grave (vol du matériel ou de l'argent, maladie grave, ou retour anticipé pour X autre raison), je ne serais pas trop déçu car j'y ai déjà passé presque deux mois. Or, deux mois, c'est déjà plus qu'un voyage habituel. J'ai rencontré beaucoup de gens, ai fait un certain nombre d'images, ai déposé une soixantaine de films qui sont donc "sécurisés".

Bien sur j'espère bien que rien n'arrivera! Mais au moins je suis préparé à cette éventualité.
Je comptais aller vers le nord-est (hai phong, Along etc), remonter jusqu'à la frontière puis traverser à l'ouest pour le Laos. Je n'aurai jamais le temps (il faut que je sorte du vietnam le 25 mars au plus tard pour renouveller mon visa)! A priori je vais donc plutot commencer par l'ouest et éventuellement descendre par l'est sur le chemin du retour.

Plus le temps passe, plus je m'endurcis, plus j'improvise, et moins je m'inquiète (et plus je mange, mais ça vous le savez déjà - au retour je pourrai bosser chez Michelin en bibendum [dur la vie de carnettiste culinaire, tout ça pour vous faire plaisir]) par rapport aux imprévus. Certes la perspective d'arriver la nuit à Vinh ne m'enchante guère (et encore, si je rate pas l'arrêt, auquel cas me me retrouverai perdu à hanoi ou je ne sais où), mais ça devrait aller!

Dans les hotels le soir je m'abrutis de Discovery channel, Animal planet ou National Geo. Ces trois chaines (que je suppose toutes les trois américaines) ont en commun de jouer sur la peur, le sensationnel, l'horreur, le narcissisme des "héros", la caméra à l'épaule, l'instinct de survie, le paranormal, l'insécurité et la paranoia. Vous verrez donc des émissions aux noms exotiques : "I shouldn't be alive" (émission sur des survivants aux catastrophes), "sole survivor"(idem), "I was bitten"(ou on vous relatera l'histoire de M. Dupont ayant survécu à une morsure de crocodile ou de serpent à sonnettes ou Mme Payet mordue par un tigre de 350kg dans un zoo), "cops story" (suivre des policiers qui sauvent le monde), "alaska state troopers (idem, mais la neige en plus), "animal cops" (idem, version animale), "the worst case scenario" (Beary Grylls se met volontairement dans les pires situations pour vous préparer à ces éventualités : accident, etre enfermé dans une chambre froide, boire le contenu de l'estomac d'un chameau, survivre ds la jungle, etc - tout est truqué si vous avez un minimum de connaissances techniques), "get out alive" (idem mais avec un autre héro), "swamp loggers" (émission déplorable dont le seul but est de montrer des héros américains faire de la déforestation massive), "woman, man, wild" (survie d'un couple dans la jungle, couple soi-disant seul mais avec 3 ou 4 cameramen), "surviving the cut" (faire l'éloge des militaires américains), "river monsters" (un pêcheur émérite a pour mission d'attraper des monstres - c'est truqué), "monsters inside me "(où Mme X vous racontera qu'elle avait des œufs de ténia dans son cerveau ou un asticot dans la jambe), "Truth or dare" (la vérité sur les zombies), "ghost labs" (même chose, version fantomes)...la liste est longue, tout est truqué, et tout se ressemble!!

M'enfin, au moins, vous faire la liste me fait passer le temps : plus que 2h avant le départ du train...


jolies ces cocottes theieres hein

Bonne nouvelle, finalement on m'annonce que l'arrivée à Vinh sera vers 15h et non pas 18h comme on me l'avait annoncé.

Mon train arrive en gare...


(10h plus tard. .)

Bon, finalement , c'était bien 18h!
Je me retrouve seul dans le wagon numéro 10. Vraiment seul! Un train fantôme! Durant les 4h30 de trajet je ne croiserai que les contrôleurs. C'est très perturbant, seul dans le wagon à 28 couchettes, les grincements du train de 15 wagons, l'obscurité complète lors des passages en tunnels (mais j'ai fini par trouver comment allumer les néons, ai illuminé tout le wagon), très glauque ; l'absence totale de voix, de haut-parleurs de la sncf ("le train tER arrive voie 9"), etc...en fait, c'en est même effrayant!



Concernant le trajet, je ne visualise pas trop quel chemin emprunte le train : il me semble qu'on roule relativement vite, et je vois mal comment mettre 4h30 à parcourir ces 160km...(en les parcourir en 1h30 n'était pas crédible non plus). Je trouve dans le wagon une feuille avec les horaires, c'est bien ça...mystère.

Très vite, nous traversons des montagnes ; ce qui me fait supposer que la voie suit la route d'HCM (à l'ouest) mais je n'en sais rien, ce n'est pas affiché sur la carte. Parfois, le train s'arrête ou ralentit sans raison. Dans les courbes, le wagon entier se penche d'un côté (notamment au dessus des fleuves) ce qui j'avoue n'est pas très rassurant.

Malgré le côté sinistre de ce train fantôme ( qui n'est pas du tout inconfortable : couchette, couette, drap repassé, coussin, table pour manger), je suis bien content de voir tous les paysages que nous traversons (je n'ai pas fait beaucoup de photos car le temps s'est assombri très vite) : successivement des milliers de rizières, des forêts de bambous, des forêts d'eucalyptus, des milliers d'hectares de plantation, des dizaines de rivières...je passe tout le trajet à la fenêtre.




Nous passons devant un buffle...albinos ! Je n'ai jamais vu ça ! Blanc crème!!!

le wagon vide...
A 16h, je craque et profite d'être seul pour manger mon tofu avec mam tom!




À 18h enfin, pile à l'heure, nous entrons en gare de Vinh. Je comptais ne pas trop chercher et prendre le premier hotel, mais je n'ai pas pu m'empêcher de marcher pour chercher plus loin. Dans un rayon de 1km autour de la gare, il y en a quelques uns mais c'est toujours la même chose : soit trop chers, soit trop miteux, soit trop chers ET miteux, soit mal placés, soit, pire, trop chers, miteux ET mal placés! Je marche pendant deux heures, faisant plusieurs allers-retours. Je m'arrête même discuter avec un professeur de maths qui donne un cours du soir, lui explique que j'aimerais loger chez l'habitant, y compris en payant, mais rien n'y fit : il ne veut même pas poser la question à sa trentaine d'étudiants. Dommage...il me dit que c'est délicat car les gens ne veulent pas d'ennuis avec la police.
C'est triste, beaucoup de touristes que j'ai rencontrés ont été invités par de parfaits inconnus, mais pas moi.

Peut-être me manque-t-il une bonne tête de blanc? En effet les gens me remarquent moins qu'un touriste, même avec mon sac, et très rarement j'ai été abordé par quelqu'un pour m'aider...les gens sont curieux mais ne s'imaginent pas que je puisse avoir besoin d'aide comme un touriste blanc perdu en ville. C'est un des désavantages de ma condition...
Ce soir-là, personne ne cherche à m'aider, ou alors moyennant finances...en fait, la plupart ne cherchent même pas à comprendre mes mots viet ou mon carnet viet.

Je frappe à une dizaine d'hotels et de nha nghi, m'éloignant de plus en plus de la gare, au hasard. Je me fais insulter et traiter avec mépris (vraiment) par une dame qui me refuse l'accès a sa nha nghi dès qu'elle se rend compte que je ne parle pas vietnamien. Fatigué, lassé et passablement énervé, je me fais une obligation (et c'est la première fois) de l'insulter en français de la même façon, car il ne faut pas non plus pousser le vinh dans la gadoue...

Bon, je suis à plus de 2km de mon point de départ et cette dernière rencontre m'a rendu très fataliste pour ce soir! Je m'arrête à la première nha nghi sur ma route. 100 000vnd, mais miteuse (plus je vais au nord et plus c'est difficile car l'humidité n'est pas trop compatible avec propreté), càd murs décrépis, rien ne marche, etc etc. Je m'endors presque sous la douche (il est 21h) en pensant quitter la ville demain. Je n'ai même pas le courage de sortir manger, d'autant plus que ma porte ne ferme pas à clef!

18 février 2011,55è jour, Vinh

Réveil à 7h, bien reposé. Je repère la gare sur une carte mais cette ville est grande, tout est loin. Il semble y avoir beaucoup de bus, j'espère en trouver un pour ma destination (que je n'ai pas encore décidée). Je suis sur de mauvaises impressions : même le phõ que je commande (plus par nécessité que par envie, n'ayant pas mangé depuis 17 heures) a un goût de "pas de goût". Depuis Hué il faut négocier presque systématiquement sur tout : transports (ex: 40 000 au lieu de 10 000 pour un trajet de 2km en xe om), nourriture (surtout les fruits ou les plats, jamais les légumes ou autres aliments de base)...ce qui n'arrivait pas dans le sud; c'est très lassant parfois. Mais au marché je constate que les vietnamiens négocient aussi beaucoup pour leurs courses, ça me console.

Par hasard je croise une nha nghi ; et cette fois (enfin) les propriétaires sont très sympas, curieux et accueillants! C'est peut etre un signe. Je négocie pour 120 000vnd, ce qui est très correct vu la propreté et le confort de la chambre. D'ailleurs c'est plutôt un mini hotel, avec plus d'une dizaine de chambres (d'habitude les nha nghi sont familiales et n'ont que trs ou quatre chambres), et vraiment bien entretenu. Il est dans une ruelle plus calme, est à 1km de la gare de bus.

Bref c'est un soulagement, cela m'évite de partir de suite!

Comme pour confirmer que ce sera peut-être une meilleure journée, je mange des banh cuon pas loin ; et je ne suis pas déçu (ça rattrape le pho insipide). Ils coutent 10 000 l'assiette. Une des filles m'écrit sur un papier "anh dã có vð chúa?". Ne sachant pas ce que cela veut dire, je souris. Ma cousine me traduira par la suite "as tu une femme?".



Ici, il semblerait que ce soit la ville des banh cuon? J'en croise partout.
Il faut les voir étaler cette fine crêpe de riz et la cuire à la vapeur au feu de bois!





Enfin des gens curieux avec qui discuter un peu (en vietnamien) , c'est de meilleure augure.
J'ai eu une réponse des couchsurfeurs : une à Ha Tinh (mais ne m'y suis pas arrêté) et une à Thanh Hoa qui ne peut pas héberger car elle travaille dans un hotel. Cependant elle m'a donné des indications (distance gare-centre ville par ex, qui est le problème majeur).

l'après-midi je trouve enfin le marché, qui est assez loin. je fais quelques photos numériques pour "tester" la réaction des gens, qui ne semble pas hostile (mais bon, avec un "gros" boitier ce n'est pas la même chose).


voici des semences industrielles, vendues par 500g..
Cela fait 10 jours que je n'ai pas aperçu un seul touriste, depuis les trois dernières villes.
Je croise d'étonnants aliments végétariens sous vide : crevettes, oreilles de porc, panse de bœuf, et bien d'autres, tout ceci d'origine végétale (et surement bien chimique).


oui, ce sont des crevettes vegetariennes !!!
Je filme cette femme qui, en quinze secondes exactement, tue,vide et enlève l'arrête de ces anguilles. Je vous raconte pas comment! Bon allez, d'accord : elle transperce la tête de l'anguille vivante sur un clou fixé sur une planche, ouvre le ventre, enlève l'arrête et coupe la tête en deux temps trois mouvements.

pour mon repas du soir j'achète du poisson grille : un maquereau et une darne de sériole (il y en a beaucoup ici).




Une vendeuse de mangues me dit un prix (10 000/kg) ; puis, lors de la pesée, m'annonce alors 50 000vnd/kg. evidemment je prends l'air étonné et sors un billet de 10 mais vexée, elle repose les mangues et ne m'adressera pas un seul regard ou explication. Bon, je commence à m'habituer à ces réactions un peu méprisantes envers ce "vietnamien qui ne parle pas viet", alors je vais sur le stand d'a coté prendre 1kg à 10 000, prenant garde à bien lui montrer mon sachet en repassant (je suis assez tenace dans le genre, il serait temps que l'on comprenne que je ne suis ni une vache à lait ni une poule aux œufs d'or).

Souvent si je doute sur un prix j'observe les acheteurs ; mais parfois il ne faut pas s'y fier ; un jour j'ai payé 10 000 pour une assiette de banh loc, mais ai vu ma voisine tendre un billet de 5000 ; je demande explications et la vendeuse me montre que ma voisine a payé la différence avec...un billet de loterie!


de vraies fausses vaches de normandie !

Je croise un "supermarché" ; l'occasion d'acheter des cochonneries (une fois n'est pas coutume), exemple ces chips de fruits très à la mode : jacques, ananas, mangues, bananes et même aloé véra (jamais gouté, quelle idée?!).



incroyable, apres dix jours à marcher des dizaines de km sans voir de blanc, c'est ici dans un supermarché, que je croise deux blondes d'une trentaine d'années, qui ont dans leur panier, je vous le donne en mille : biscuits, beurre, pringles, boites de thon et...vache qui rit! qu'est-ce que je vous disais il y a deux jours?! je retiens un fou rire et me garde bien de leur faire savoir que je ne suis pas vietnamien, pas envie de faire la causette avec des mangeuses de fromage fondu.



heu ... je ne sais pas si vous vous rendez compte de la minuscule taille de ces coquillages : comment font ils pour les extraire un a un pour les vendre (tas de droite)???

Je me renseigne à la gare de Bus, mais c'est plus compliqué que ce que je pensais, ce ne sont que des bus grande ligne, il faut prendre un bus pour Hanoi et s'arrêter sur le trajet.

Hélas, depuis que j'ai dépassé Dalat, je fais peu de photos (sauf à Dong Ha) ; tout d'abord à cause de la météo ; depuis 19 jours j'ai du avoir 5 jours de beau temps. Les autres jours, c'est gris, bruine ou petite pluie permanente.



L'humidité est bien présente ; lassé d'attendre que mes vêtements sèchent apres cinq jours, je me suis rendu à l'évidence : il faut les porter pour les débarrasser de leur humidité résiduelle (véridique). Pour l'instant boitiers et films ne sont pas affectés. Le seul problème matériel rencontré a été la vis du mamiya, que j'ai réglé en la condamnant à la super glue.
En outre, difficile de prendre des images en ville après une semaine avec des agriculteurs...
Cependant je me suis fait une raison: je ne vois vraiment pas de solutions pour partir dans un village isolé ; notamment après ma discussion avec le professeur de maths. La suite nous le dira, mais je doute que ce soit possible.


Lorsque vous marchez de nuit, faites attention a ne pas tomber dans ce genre de trou au dessus des egouts!!

Pour l'instant donc je décide de rester deux ou trois nuits dans chaque ville, profitant de chaque découverte. Peut-être rencontrerai-je d'autres anges-gardiens? C'est sur ces pensées que je rejoins les bras de Morphée, après un bon repas dans la chambre et un ou deux films sur HBO ; je me suis rendu compte que lorsque les gérants utilisent leur talkie walkie pour communiquer entres les étages, les ondes brouillent, voire changent les chaines de ma télé.

19 février 2011, Vinh

En feuilletant mon carnet je tombe sur un mot manuscrit inconnu, avec numéro de téléphone: "em gai miên quê", ce qui signifie "une petite sœur à la campagne" (je crois que c'est Thao de Dong Ha) : mignon, non?
Je déjeune en ville des banh uot ; et marche jusqu'à la gare ferroviaire. Après avoir poussé des coudes,et essayé de déchiffrer les nombreux panneaux et horaires, je tombe par chance sur une guichetière parlant un peu anglais (c'est tellement rare : même dans certains hotels deux étoiles que j'ai visités les réceptionistes ne parlent pas).

Je choisis le train de demain, à 9h30, avec couchette. La place avec couchette est bien sur plus chère (115 000vnd pour 160km, contre 50 - 80 en classe normale ) mais d'une part j'aurai de la place pour mon sac, et d'autre part je serai un peu moins enfumé que dans un compartiment à 16 personnes (contre 4 en couchettes). Les compartiments couchette sont affichés non fumeurs mais ce sont des mots que personne ne sait lire à part moi ; le cyber que j'ai choisi parmi des dizaines d'autres ici affiche également ce panneau mais c'est peine perdue - ou publicité mensongère.

Apparemment le moyen de transport le moins cher est le train 2è classe et les très vieux bus. Puis, viennent les bus normaux, les minibus express et le train 1ere classe, et enfin les bus à couchettes.
Au moins, les prix sont affichés, l'horaire est fixe, etc...



L apres midi je me balade et achete cinq sardines grillees (c est 3c la sardine) pour le soir.
Alors que je me prepare a manger, toute la famille s invite dans ma chambre (?) pour discuter, me dire que le poisson rend malade (ainsi que les nems, les fruits, le jus de canne...), savoir ou je vais, etc. Ils passeront 1/4 d heure a visionner toutes mes photos numeriques du voyage (au moins 800). Je regrette de ne pas avoir de photos de metropole ou de mes amis a leur montrer.
Faute de grives, on mange des merles. Je regarde une emission americaine particulierement pitoyable, qui s appele Dirty Jobs, et dans laquelle on passe en revue tous les "sales boulots qui font de nous des gens civilises (sic)". Eboueurs, nettoyeurs, etc, y compris des professions tout a fait communes telle que...peintre en batiment (?).

C est ca, les emissions americaines : vouloir rendre sensationnel quelque chose d anodin. Lorsqu on les ecoute, meme decouper un poulet roti est dangereux.


20 fevrier 2011, Thanh Hoa

"Est ou Ouest ? that s the question"

Ce matin, prends un xe om (c est rare mais j avais la flemme de marcher sous la bruine) que je negocie 4 fois en dessous du prix annonce, pour faire le petit 1.5km jusqu a la gare ferroviaire.
Le trajet en train se passe sans encombres : 2h15 seulement pour 140km (contre 4h30 pour 20km de plus il y a deux jours). Cette fois il est plein. Je suis avec trois autres vietnamiens dans mon compartiment de 4 couchettes. Il y a des cuisines dans l avant du train ; et un bonhomme passe avec un chariot pour vendre des barquettes de riz, porc au caramel et legumes. il faut dire que pour ceux qui viennent de HCM et qui vont vers Hanoi, le trajet doit etre particulierement long ! Bien sur a chaque arret en gare il y a beaucoup de vendeurs de friandises, grignotages ou repas complets.


(train, episode 2)

Je m endors a moitie sur ma couchette, j ai mis un reveil au cas ou , car il n y a aucun rappel pour les arrets en gares !
Arrive a Thanh Hoa, j evite les rabatteurs et me dirige droit vers la gare de bus (1km, reperee sur la carte). Puis je marche vers le centre ville, mais il n est pas interessant du tout, je rebrousse chemin au bout d un kilometre et finis par trouver un hotel en face de la gare de bus. J ai eu un bref apercu de la ville et il n a pas ete convaincant du tout.
Je mange (pour la deuxieme fois du voyage) un che (dessert froid, gluant, sucre et liquide) , ce qui me confirme que je n aime pas ca !

Je prends un moment pour reflechir a mon parcours. Comme je vous l avais dit, je pensais abandonner l Est et partir vers le nord ouest. Mais Dong Hoi, Vinh et Thanh Hoa n ont pas ete tres interessantes niveau photo ; et les villes suivantes ont l air du meme gabarit. Je vais donc tenter le tout pour le tout, et partir sur Hai Phong, a 180km au nord Est, en bord de mer > grande ville, mais de bonne reputation...
Donc c est un peu un coup de poker. Pour la suite je serai oblige de remonter jusqu a la frontiere puis partir vers l Ouest pour le Laos. On va bien voir...
Suite au prochain episode, donc !



Z avez vu la couleur du bus ? (esperons que j en trouve un mieux que ca pour demain)

2 commentaires:

  1. j'ai l'impression que ce dernier épisode n'a pas été trés facile et que tu avais peut être un peu de vague à l'âme. Toujours innover et faire face à l'imprévu peut être démoralisant. Mais tu es trés réfléchi et tu limites les improvisations. Mais tu marches beaucoup, donc tu ne devrais pas beaucoup t'arrondir. .Bon courage pour demain. Je t'enverrai un mail comme cela tu pourras mieux y accéder.

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  2. Elles veulent toutes "te marier" ! ça nous amuse bien.

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